L'espace
est réduit, éphémère presque irréel. Un moment de nous au
travers des mots, des sensations que l'on fait renaître. Des
émotions vécues un jour d'hiver dans un appartement inconnu pour
moi mais qui restera à jamais le lieu de mes plus beaux souvenirs de
femme aimante et amante.
Mais
à ce jour il n'y a plus de modèle irréel, juste toi et moi reliés
par la technologie moderne projeté sur la grande toile d'un univers
feutré et silencieux dont le poids des mots font toute la
différence.
Comment
faire resurgir ces émotions partagées blotties au plus profond de
nous pour retrouver ce désir de nous, ces envies partagées d'une
journée imprégnée dans notre vécu à jamais.
Souvenirs
d'autrefois où nous nous sommes aimés sans retenue, sans
appréhension simplement toi et moi où ce jour là l'amour était au
rendez vous.
Tout
commence un matin d'hiver sur un quai de gare. Un train qui m’amène
vers toi, des rails qui n'en finissent pas, un paysage qui défile
sous le soleil d'hiver. Un paysage que je ne vois pas, je le laisse
défiler entre mes yeux mi clos avec la crainte au creux de la
poitrine de te rencontrer pour la première fois. depuis plus d'une
année que nous avons fait connaissance sur la trame du virtuel.
Puis
cet arrêt au terminal de cette gare, ce taxi que je prends et qui
m’amène à l'adresse griffonnée sur ce bout de papier que je
garde précieusement dans le creux de ma main. Un long silence dans
cette voiture, toujours les rues qui défilent sans vraiment les
voir. Une impatience soudaine d'arriver au bout de ce voyage. Une
émotion oubliée d'une première rencontre.
Âpres
avoir payé le chauffeur de taxi, quelques marches à franchir pour
arriver dans ce hall d'immeuble. Un nom, le tien au milieu d'une
dizaine d'autres. Une sonnette et puis l'attente quelques minutes de
l'ouverture de ce sanctuaire impersonnel.
L’ascenseur
qui m’amène vers toi, un dernier regard sur mon maquillage, et
tant pis s'il n'est pas parfait ! Il est trop tard pour changer
quoi que se soit.
Le
cœur qui bat, les mains moites, les jambes tremblantes, un instant
de panique. Mais qu'est ce que je fais ici ? Partir,
redescendre, courir vers la rue, ne pas me retourner et fuir, te
fuir, loin de toi.
Mais
non, je pousse la porte de l’ascenseur et.......tu es là, au bas
de la porte de l'appartement ouvert. Un sourire éclatant, une haute
stature, la finesse de ton corps, que tu es beau ! Un coup de
cœur, encore un que je garderais pendant de longues années après
cette journée.
Un
bonjour furtif, un brève instant ton parfum qui flotte entre nous
comme pour nous entourer de ces effluves le temps d'une journée
passée ensemble.
Puis
mon entrée dans cette grande pièce de vie aux baies vitrées sur un
jardin public où des canards barbotent dans cet immense étang glacé
du froid de cet hiver.
Très
vite nous nous installons sur le canapé, discutions banales,
approche presque timide d'un moment qui deviendra torride,
interminable jusqu'au bout de l'après midi.
Une
recherche de connexion de deux êtres tellement différents mais si
semblables dans leurs attentes de l'autre.
Des
mains qui se cherchent, se croisent et se décroissent. Éternel
ballet qui cherche un sens à leur approche.
Je
garde en mémoire tes longs doigts fins qui jouent avec les miens.
Tes doigts qui contrastent avec les miens. Toi l'homme de couleur,
cette peau que l'on associe avec le « statut de black »
alors que je suis « la femme blanche « Tu es noir, noir
dans ta physionomie, noir dans tes gènes, tout en toi fait notre
différence de culture et de racine. Oui et alors ?. Le cœur
est il possédé de ce racisme qui fait les idiots ? En tout cas
le mien bat à la chamade de toi, toi cet homme de couleur que je
viens rencontrer, qui me plaît et que je veux aimer de tout mon
corps, de toute mon âme.
Et
tes doigts se défies aux miens, s'enfilent sous mon pull de laine
blanc, ils viennent sentir la chaleur de ma peau, les courbes qui se
cachent dans mon intimité voilée. Tu gardes cette connexion par tes
mains qui fouinent à tâtons.
Je
relève la tête et me retrouve dénudé par ton regard. Il
s'incruste dans le mien, il fouille à son tour mon âme, mon
acceptation à tes mains qui trouvent le chemin de ma poitrine cachée
par un soutien gorge de dentelle.
Je
sens tes doigts impatients sur le téton qui se durcit aussitôt,
tendu le mamelon qui s'offre à ceux ci, le sein plus dur se
redressant fièrement.
Je
passe ma main derrière ta nuque à la base de tes cheveux drus. Tu
t'approches encore plus prés de moi. Je sens ton haleine au bord de
ma bouche. Tes lèvres viennent aux miennes. Premier baiser léger,
premier baiser inquiet d'un amant qui se veut entreprenant tout en
étant délicat et patient.
Sous
mes doigts, je découvre à mon tour ton dos et ton torse. Comment ne
pas me montrer impatiente de découvrir ton corps au risque de me
montrer peu habile. Je voudrais tout toucher, tout découvrir, tout à
la fois faire durer le temps et le suspendre au sablier du temps.
Tu
semble tellement à l'aise que je me détends aussi peu à peu. Tu es
toujours a caresser ma poitrine, défait l'attache du soutien gorge
qui libère mes seins sous le pull de laine. Il faut peu de temps à
tes mains habiles pour me faire lever les bras et me retrouver le
torse nu.
Un
instant tu t’arrêtes pour me regarder, descendant ton regard du
mien jusqu'à mes seins les prenant en main, les massant, faisant
rouler sous tes doigts la dureté du mamelon.
Je
cherche à nouveau ta bouche peu être pour te cacher que je suis mal
à l'aise de ce corps nu que je n'aime pas. Les kg enrobant mon
physique me semble tellement empâté face à toi si longiligne, si
magnifique que ce corps superbe que je découvre.
Puis
tu te lèves pour rester debout, ton long corps déployé telle la
liane sauvage. Mes mains restent à ton corps. En levant les yeux je
peux voir ton visage qui se détend, les lèvres ouvertes, le souffle
qui dévient plus court. Les muscles de ton ventre qui palpitent aux
grès de mes caresses.
Là
ou je me trouve, mes yeux sont attirés par la bosse qui se forme au
milieu de ton entre jambes. Ton survêtement ne laisse aucune entrave
à ton sexe excité.
Je
n'ai plus de craintes, je prends à mon tour des initiatives. Alors
d'un geste lent, je baisse ton survêtement, tu lèves un pied puis
l'autre pour retirer complètement celui ci. Tes hanches sont cachées
par un boxer noir que très vite j’enlève aussi. Tu es presque nu
désormais, fascinée je regardes discrètement ton sexe long, très
long, épais, deux bourses lourdes bien attachées. Voilà donc cette
tige bandée qui coule doucement d'excitation.
Sans
me poser aucune question, tout aussi naturellement que se passe ce
moment, je prends ta queue entre les lèvres, je la goutte, passe la
langue lentement sur ton gland, recommence plusieurs fois cette
caresse ce qui fait se contracter tes bourses , gémissements qui se
fait entendre dans cette pièce silencieuse ou seule une musique
douce rompt le silence.
Puis
tes doigts, ta main caresse mon menton, tu me regardes goutter ainsi
à ton intimité. La caresse est longue, tout en douceur, tout en
sauvagerie de te sentir ainsi prit dans l'étau de ma bouche qui se
veut tendre et vorace.
Tes
hanches vont et viennent dans cet espace réduit qui nous sépare. Je
te fais l'amour de ma bouche, ton sexe entre et sort aux rythmes bien
orchestrés de tes envies. Très vite tu te laisses aller à jouir
dans l'espace feutré de ma gorge. Presque étonné de t'avoir
laisser aller aussi naturellement, stupéfait que ton corps n'a pas
plus se contrôler de cette succion gourmande que je t'ai fais subir.
Pas
un instant de répit, ton corps en désire plus encore. Ton sexe
reste dur, dressé sans aucun repos. Tu frémis de ce moment unique
mais très vite tu en veux plus encore.
Tu
m'allonges face à toi, la jupe remontée jusqu'aux hanches que je
n'ai pas retirée. Tu poses ta main pleine sur mon toison rousse,
pelage de soie tout imprégné de mon excitation. Tu prends en main
ton sexe érigé pour le frotter sur mes lèvres intimes. Tu joues de
ta queue sur mon clitoris déjà en feu. Le clapotis de ma cyprine
excite ce moment déjà si intense.
Tu
embrasses mon menton, la naissance de mes seins et tu viens te
planter en fouillant mon ventre avec détermination, aller plus loin,
toujours plus profond comme pour souder à jamais nos sexes en
perdition.
Aussi
rapidement que toi je jouis très vite, criant sans pudeur mes cris
de jouissance. Il n'y a plus rien que ce moment sublime où je perds
pieds où tout se mélange entre ce qui est réel et ce qui ne l'est
plus. Moment d'union entre deux êtres qui cherchent la jouissance de
l'autre pour apprécier la sienne.
Encore
et toujours ce sexe qui sort de mon ventre en érection, toujours
aussi dur, toujours en quête d'autres jouissances en avenir.
Est
ce l'alchimie d'un corps en liberté mais chaque jouissance tu restes
frémissant de longues minutes. Spectacle magnifique d'un homme qui
jouit de tout son être, de tout son corps.
Toute
la journée nous nous aimons, je ne crois pas qu'un seul instant ton
sexe trouvera le repos. Il a besoin d’être en érection. Il a
besoin de se vider de toute cette excitation que tu lui offres.
Chaque
position que nous faisons nous laisse en répit un petit moment de
notre soif de jouissance mais très vite l'un et l'autre avons besoin
de nous souder de nos sexes encore et encore.
Je
laisse sur tes draps ma jouissance, toute cette mouille mélangée à
ta semence. Le corps transis, tétanisé de tant d'ébats amoureux.
Je te vois encore me chevauchant ta main sur mon dos, ton sexe calé
dans le mien. Tes coups de reins plus longs, plus précis quand ce
n'est pas ta main que tu fais vriller dans mon ventre pour m'ouvrir
complètement, pour me posséder encore plus fort, encore plus
intimement.
Le
soleil d'hiver se couche doucement sur cette journée d'hiver. Il me
faut penser a te quitter. Refermer sur moi toutes ces émotions
accumulées et qui me tiennent chaud le temps du retour.
Juste
avant de se quitter, un dernier baiser et puis une main que tu gardes
sur la porte d’ascenseur qui m’emmène loin de toi. Une main qui
voudrait retenir le temps qui court vers une autre destinée.
Voilà
de nouveau je te raconte cette journée que nous avons partagés il y
a quelques années. Encore une fois nos claviers trahissent notre
besoin de nous souvenir comme si la continuité virtuelle était
importante, nous permets de continuer nos vies séparées.
Martine
D
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